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  • : 10/08/2010
  • : Si l'habit fait le moine, la nudité fait le sage. Nu, Nature et Naturisme sur le blog du numaniste. Vous aimez ce blog, vous pensez qu'il doit exister, n'hésitez pas à le faire connaitre, à partager des articles, le citer.. merci
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Jeudi 3 février 4 03 /02 /Fév 19:58

Aujourd'hui, je cède la place à Jean Claude Brohée pour la rédaction de l'article du jour. Cet auteur naturiste belge m'a proposé (ce que j'ai accepté) de diffuser un travail qu'il a effectué sur les peuples premiers, les vetements et le naturisme. Avec son accord, nous le diffuserons ici en trois partie. Nous vous proposons ici la première partie.


 

Naturisme et vetements de Jean Paul Brohée - janvier 2011

Partie 1 :Les peuples nus ; le sont ils vraiment ? Sont ils naturistes ?

Partie 2 : La Randonnue

Partie 3 : Le Vetement "naturiste"

 

Je tiens à préciser que les illustrations et la mise en page ont été modifiées par rapport au texte original de l'auteur. Vous pouvez écrire directement à l'auteur, notamment si vous etes interessé par la version intégrale du document.

 

 

 

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Naturisme et vêtements… 1ère partie : Les peuples nus : le sont-ils vraiment Sont-ils naturistes?


Jean Paul Brohée Janvier 2011

 

Naturisme et vêtements...

 

En parcourant ladanses_2.jpg littérature,  et en découvrant les photos des  peuples vivant nus, on constate qu’il est rare que ces gens ne portent absolument aucun vêtement. Dans ces régions où aucun vêtement n’est nécessaire pour se protéger du froid, les hommes portent presque toujours « quelque chose » autour de la taille. Ce seront, selon les ethnies : un pagne plus ou moins couvrant, un bandeau , une ficelle, un étui pénien…

 

Il semble également que le plus souvent, ce soient les hommes adultes qui portent ces vêtements alors que les petits enfants restent nus. Les parties couvertes sont généralement les parties génitales, au moins le pénis dans le cas des étuis péniens.

 

Les femmes, quant à elles, portent pratiquement toujours quelques vêtements qui varient, selon les  tribus ou les ethnies, du  pagne le plus rudimentaire  jusqu’au vêtement plus couvrant : jupette en fibres végétales , drapés de tissus . En parcourant les innombrables photos accessibles sur le net, il apparaît que ces dames s’habillent différemment des hommes, d’une manière que notre œil occidental qualifierait de « plus féminin ». fr-images-coloriages-colorier-photo-jeune-femme-himba-namib.jpgCette affirmation est à prendre « au conditionnel » car je ne dispose d’aucune preuve de ce que j’avance ici. Les seins, généralement, ne sont pas cachés.  Habituellement, dans ces cultures, la nudité n’est pas un tabou. Les parures et les vêtements ont une finalité esthétique, sont éventuellement représentatifs du statut social et, bien entendu, les habits assurent une protection.  Ainsi, les peuples nus tels que sont qualifiées ces tribus dites primitives ne vivent pas « tout nus », loin s’en faut!

 

Repris sur le site de TFI : Bienvenue dans ma tribu : les Surma (Ethiopie).

Comme chez les mursis, les femmes surmas (celles appartenant aux castes les plus élevées) portent encore des ornements labiaux.

Plus le plateau est grand, plus la dote sera importante. Ils pratiquent également la scarification et se peignent le corps. Les peintures ne sont pas seulement esthétiques, elles servent également à exprimer les sentiments, les désirs, l'appartenance à la communauté... c'est aussi un moyen de communication. La nudité n'est pas un tabou dans leur culture.  

 

Quelques explications et descriptions peuvent être trouvées au hasard des lectures de récits d’explorateurs et de textes d’anthropologues. Parmi celles-ci, une d’entre elles m’a particulièrement frappé. C’est à quel point un homme portant habituellement un étui pénien peut se trouver gêné s’il est surpris  sans cet accessoire ! Explication avancée : seul un membre en érection est digne d’un guerrier et ce ne serait que dans cette situation qu’il souhaite être imaginé ! Comme quoi, la notion de pudeur est universelle. Nudité et pudeur n’étant nullement incompatibles.

La coloquinte séchée, un légume de la famille des courges, entoure le sexe des papous de Nouvelle-Guinée. Il sert de protection contre les piqûres d'insectes et les morsures d'animaux. L’étui pénien  peut atteindre des proportions folles : plus d'un demi-mètre !

  grand1127467215.jpg

Une explication au port des pagnes par les tribus vivant dans la nature serait aussi d’ordre pratique. Courant nu dans la nature, le chasseur exposerait ses parties génitales aux risques de blessures, de griffures par des branches ou des pierres, en cas de chutes, en grimpant aux arbres, en escaladant des rochers, en devant faire face à des animaux hostiles. Un pagne, constitué d’un tissu serré autour de la taille puis passé dans l’entrejambe assure une protection de ces parties sensibles et fragiles. Dans le même ordre d’idées, du fait que les fonctions excrétrices se situent dans cette zone et vu les difficultés d’une hygiène « de type occidental » pour ces personnes vivant en pleine nature, le pagne aura certainement une fonction protectrice pour ces endroits sensibles aux agressions par toutes sortes d’insectes, parasites et autres bestioles.

 

Il ne faut pas nier l’aspect culturel et le rôle social des vêtements et des ornements corporels. Tout comme dans nos sociétés « évoluées », l’homme dit « primitif » tient à marquer son rang social, de mâle, d’adulte, de guerrier, de chef… Il se différenciera de ses « inférieurs » en marquant son rang au moyen de bijoux , tatouages , scarifications, peintures.

 

Beauté des tribus de l’Omo

(extrait d’un texte circulant sur le web)

Aux confins de l’Ethiopie,Peuple_omo_hans_sylvester_2.jpg à des siècles de la modernité, Hans Sylvester a photographié pendant six ans des tribus où hommes, femmes, enfants, vieillards, sont des génies d’un art ancestral.

A leurs pieds, le fleuve de l’Omo, à cheval sur un triangle Ethiopie-Soudan-Kenya, la grande vallée du Rift qui se sépare lentement de l’Afrique, une région volcanique qui fournit une immense palette de pigments, ocre rouge, kaolin blanc, vert cuivré, jaune lumineux ou gris de cendres.

Ils ont le génie de la peinture, et leur corps de deux mètres de haut est une immense toile. 

La force de leur art tient en trois mots : les doigts, la vitesse et la liberté.

Ils dessinent mains ouvertes, du bout des ongles, parfois avec un bout de bois, un roseau, une tige écrasée. Des gestes vifs, rapides, spontanés, au-delà de l’enfance, ce mouvement essentiel que recherchent les grands maîtres contemporains quand ils ont beaucoup appris et tentent de tout oublier.

Seulement le désir de se décorer, de séduire, d’être beau, un jeu et un plaisir permanent. Il leur suffit de plonger les doigts dans la glaise et, en deux minutes, sur la poitrine, les seins, le pubis, les jambes, ne naît rien moins qu’un Miro, un Picasso, un Pollock, un Tàpies, un Klee…

 

Dans notre culture, ce sont les vêtements, les bijoux, la montre, l’attaché-case et la voiture qui nous permettent – à tort ou à raison - de situer le rang social un de nos semblables au premier coup d’œil.

Fondamentalement, nous pouvons constater à quel point tous les humains sont semblables !

 

 

Et les naturistes ?

C’est dans une démarche volontaire que nous, naturistes, prenons le contre-pied de cette attitude presque universelle de « paraître » car nous tenons précisément à effacer les barrières sociales en nous montrant aux autres tels que nous sommes, nus et vulnérables, 56234502.jpgChacun pratiquant de la même manière.

 

Notre naturisme, conceptuellement, va donc au-delà du comportement de l’homme vivant dans la nature.

Il se définit, en effet, par la pratique de la nudité en commun dans une visée égalitariste.

 

Cette nudité collective va donc de soi dans nos centres, chez nous en famille, au sauna ou à la piscine. Ne pas la pratiquer, c’est perdre de vue toute une partie de la dimension éthique de notre mouvement. Lisant de vieux « La vie au soleil » des années 70, on y rappelait que lorsque les conditions météorologiques devenaient défavorables, seul convenait, dans un centre, le port du « survêtement ». Il y avait donc une sorte de vêtement de base, commun à chacun, hommes, femmes, jeunes ou vieux. Une protection confortable à porter à même la peau qui ne créait pas, à nouveau, de différences entre les personnes. On retirait le plus rapidement possible le bas, puis le haut, dès que les conditions s’amélioraient. (Ce n’est jamais par les fesses ou les cuisses que l’on prend froid !)

 

Lhabit ecclésiastique, les tenues traditionnelles, les uniformes, quels qu’ils soient, confèrent à ceux qui les portent un sentiment d’appartenance au groupe. Ils gomment les différences sociales et atténuent les différences physiques. L’uniforme militaire qui  arbore grades et décorations à grands renforts d’étoiles et de barrettes, dorées ou non indique l’appartenance mais marque clairement l’hiérarchie au sein d’un groupe. tumblr_lcoh9cSM9v1qenhi1o1_500.jpgEn faisant la démarche volontaire de se dévoiler nus et vulnérables les uns par rapport aux autres, en osant arborer leur fragilité, les naturistes s’intègrent dans une collectivité où se réduisent les inégalités sociales.  Cette fragilité voulue et admise nous amène à développer une relation différente en direction de notre environnement social et naturel.

La nudité collective n’est pas, loin s’en faut,  la seule condition nécessaire du naturisme mais elle le caractérise. Elle simplifie et pacifie les rapports sociaux, les sécurise et crée un climat de confiance réciproque. Pour que cette société nue puisse fonctionner harmonieusement, il convient de redéfinir  une éthique propre, un code de « bonne conduite pour les nus » générateur d’un comportement plus pacifique, plus tolérant, plus respectueux de l’autre. La non adhésion à ces principes amenant rapidement à l’auto-exclusion  voire à l’exclusion pure et simple des « contrevenants ».

La nudité en commun constitue un facteur de rapprochement et de pacification réciproque sans pour autant faire disparaître totalement les différences entre des personnes d’origines sociales et culturelles différentes. Cette nudité naturiste facilite également la communication. Parce qu'ils partagent ce même idéal, les gens peuvent se parler plus facilement,

Nus, parmi les autres nus, nos attitudes et nos sentiments, eux aussi, se dévoilent.

Nous sommes rassurés sur les intentions de l'autre comme si le fait physique amenait à plus rien cacher. Un corps nu est a priori moins hostile. La nudité partagée aide à une relation plus authentique.

Le corps parle plus que l'on ne croit probablement. Il raconte et il s'exprime.

Notre société comme toute civilisation est régie par des "codes" explicites ou implicites qui définissent notre appartenance à tel ou tel groupe.

Tout comme le port de la cravate des cadres, la coiffure des punks, le parler des régions, ..., le nu en fait partie.

Vivre nu ne nous rend pas plus ou moins égaux mais sous-entend l’adhésion aux mêmes valeurs de respect, de tolérance, de vivre en semble...

C'est là que l'ouvrier peut sans complexe discuter avec un PDG, parce qu'il y a partage de valeurs, et respect mutuel.

Le naturisme ne gomme pas les différences mais apporte des clés d’un mieux vivre ensemble.

 

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Par le numaniste - Publié dans : Réflexion sur la nudité et le naturisme
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