Nous avons beau etre naturistes, nous savons pertinamment que toute nudité n'est pas bonne. Ainsi l'expression " je suis completement à poil" veut dire que je me retrouve démuni, dans "le roi est nu", le pouvoir est affaibli et ainsi de suite.
C'est sur cette symbolique qu'ont joué les personnes dont nous allons maintenant parler.
Au Canada, des stars dont le groupe Simple Plan ont posé nu pour réclamer de l'argent pour les pauvres. Le slogan de la campagne de centraide ; "en dessous, on est tous pareil" vise à montrer la vulnérabilité de chacun et le fait que n'importe qui peut se retrouver démuni. Certes la nudité attire l'attention mais cette campagne est juste par la cause mais aussi par l'utilisation de la nudité qui symbolise ici, l'humilité voir l'innocence.
Un article au sujet de cette campagne.
La deuxième campagne dont je voulais parler est plus proche de nous, elle se déroule en France. Elle concerne les enseignants mais aussi les enfants et les parents
d'éleves puisqu'il s'agit d'une campagne qui dénonce les suppressions de postes dans l'enseignement et la dégradation de l'education en France. Une étude récente de l'OCDE sur l'enseignement
montrait que le taux d'encadrement des jeunes françcais était désormais parmis les plus bas des pays riches. Cette année encore 16000 postes d'enseignants ont été supprimé, on doit etre à plus de
50 000 postes supprimés en quelques années. Devant cette destruction organisée de l'école, des enseignants ont eu la bonne idée de poser nu, tout simplement, pour dénoncer le dénuement dans
lequel les gouvernements successifs ont plongé l'école. les photos sont accompagné de slogans réalistes et humoristiques à la fois.
Le collectif contre le dépouillement de l'école a ainsi lancé un site avec le calendrier des profs nus mais aussi avec un manifeste interessant a lire et à signer. Je vous invite à y aller tout de suite en cliquant ici.
le manifeste contre le dépouillement de l'école
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Nous, collectif contre le dépouillement
de l’école, déclarons que les « réformes »
appliquées à l’Éducation nationale n’ont de réforme que le nom, et qu’elles masquent en réalité, le plus insupportable, le plus dangereux des dépouillements. Aujourd’hui, selon une logique
comptable et technocratique à courte vue, les fondements de l’école républicaine sont menacés, et l’idéal d’une éducation de qualité pour tous sapé à la base.
Nous proclamons aujourd’hui que « l’école est nue ».
Nue non seulement parce qu’elle est privée de moyens financiers, mais aussi et surtout parce qu’elle est amputée progressivement de son sens, expurgée de la visée humaniste qui, depuis les Grecs, lui donne son nom d’« école ».
L’école est dépouillée quand le gouvernement tarit les concours de recrutement de professeurs, quand il n’assure plus la relève des enseignants retraités, ni les remplacements de professeurs malades ou en congé, et qu’il fait appel à des « viviers de vacataires » non formés et corvéables à merci.
L’école est abandonnée, quand l’État se décharge de son financement sur les collectivités locales, supprime la carte scolaire et impose l’« autonomie des établissements », instaurant de telles inégalités entre académies, filières et élèves, qu’il bafoue ses principes républicains.
L’école est dégarnie, quand elle est vidée de sa présence humaine (surveillants, conseillers d’orientation-psychologues, médecins et infirmiers scolaires, assistants sociaux, assistants pédagogiques…), remplacés par des caméras de surveillance et autres portiques de sécurité.
Les professeurs sont démunis, placés devant des élèves sans formation pratique sérieuse quand ils débutent ; obligés, au détriment de la qualité de leurs cours, d’assumer des tâches de plus en plus nombreuses ; sommés, dans certaines filières « réformées », de se convertir à des disciplines qu’ils ne maîtrisent pas en l’espace de quelques semaines ; travaillant souvent sans manuel scolaire et sans savoir à quel examen ils préparent les élèves, car les nouveaux programmes sont appliqués dans la précipitation ; contraints de bricoler, de s’agiter, de faire semblant, de s’adapter à tout et surtout à n’importe quoi sous couvert d’innovation pédagogique.
Les professeurs sont destitués, désormais recrutés, selon leur conformité idéologique au modèle du « fonctionnaire responsable »
davantage que pour leur maîtrise d’un savoir ; bientôt réduits à des employés lambda, privés de l’essentiel de leur liberté pédagogique, soumis à une concurrence absurde ; obligés
pour mendier des moyens de vendre leurs « projets » comme une soupe, et de se battre contre d’autres professeurs pour conserver leurs heures de cours ou leur poste.
Les élèves sont spoliés, parqués à 35 ou 40 dans les classes, livrés à la loi des « flux », broyés dans la masse ; privés de centaines d’heures de cours dans les différentes disciplines, au profit d’activités-gadgets ; privés de dispositifs efficaces de soutien ; leurs familles rendues responsables de leur échec via des « contrats de réussite » ou des « stages d’été » inadaptés.
Les élèves sont appauvris parce qu’on leur refuse d’apprendre le latin et le grec, les langues dites « rares » (c’est-à-dire toutes hormis l’anglais), les arts et ce qui n’est pas « rentable » ; parce que les nouveaux programmes leur proposent de l’anglais sans Shakespeare, de l’histoire sans passé, du français sans grammaire, des mathématiques sans démonstration – toujours moins de culture, et plus de procédures.
Les élèves sont dépecés, eux que l’on doit calibrer avec des « items » selon les nouvelles « grilles de compétences », comme si l’intelligence humaine pouvait se découper en tranches ; eux à qui l’on doit inculquer un « socle commun de connaissances et de compétences » davantage fondé sur l’idéal de l’O.C.D.E que sur celui de Montaigne.
Aujourd’hui nous appelons tous les « dépouillés » de l’Éducation nationale à nous rejoindre.
Professeurs, parents, élèves, citoyens, il est encore temps d’inverser le cours délétère des pseudo-« réformes » qui transforment l’école en garderie sociale et transfèrent ses missions
vers le secteur privé, au profit des plus riches et des mieux informés. Il suffit d’une volonté politique, celle de démocratiser le savoir, jadis portée par un Condorcet, un Jules Ferry, ou
le conseil national de la Résistance (qui a produit la commission Langevin-Wallon). Nous en appelons aux responsables politiques français, pour qu’ils agissent résolument contre le dépouillement
de l’Éducation nationale. "
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