Je vous ai dit que j'etais en vacances et que j'avais une connection limitée ? Du coup dans le mois à venir, le blog va tourner au ralenti.
Je vous rassure, je vais essayer de mettre des choses de temps en temps comme aujourd'hui, cet article du journal le bien public dans le quel le journaliste Nicolas Breteaudeau a fait un gros effort pour faire son reportage sur un club de la Saone et loire :
"
Et si le meilleur moyen de se libérer l’esprit, en vacances, était de se débarrasser de toute contrainte vestimentaire ? Notre reporter a fait le test et s’est glissé dans les habits, ou plutôt dans la peau, d’un touriste naturiste.
Mardi soir, 18 heures, à l’entrée du Club du soleil de Laizé. Devant les grilles du camping, un panneau “Espace naturiste recommandé” annonce la couleur au visiteur. Un responsable m’accueille, vêtu d’un short et d’une chemise. « Il ne fait pas très chaud en ce début de saison, vous verrez, beaucoup de campeurs sont habillés », lance Roger, l’air presque désolé. Une vingtaine de caravanes, quelques chalets en bois, une dizaine de tentes disséminées autour de jolis chênes ornant le site… Le Club du soleil ressemblerait à n’importe quel camping, si les touristes n’y déambulaient pas en tenue d’Eve ou d’Adam.
Roger me présente le chalet dans lequel je passerai la nuit. Je m’installe et rends visite à mes voisins qui, nus et attablés, me proposent de partager l’apéritif avec eux.
« Ce qui nous plaît ici, c’est l’esprit familial, de tranquillité et de respect qui se dégage du club », expliquent Jean-Yves et Denise, un couple de retraités qui fréquente les lieux depuis les années 80, une soixantaine de jours par an. « Être nu apporte un sentiment de liberté qui m’est indispensable », témoigne Jean-Yves, qui s’est initié au naturisme au début des années 70, en même temps que son frère. « Il faut comprendre qu’ici, on vit nu comme si on était habillé », poursuit Denise. « Dans un camping textile (1), une femme forte par exemple sera regardée d’un air moqueur, mais ici les gens ne vous voient pas comme des bêtes curieuses. On peut venir avec des défauts physiques, gros, maigre, âgé, ou avec une malformation, personne n’y prêtera attention. Pas besoin de se cacher ici ! »
Pour le couple, le naturisme version Laizé est à des années lumière de l’exhibitionnisme comme on peut le voir sur les plages du Cap d’Agde. « Ce n’est pas du naturisme qui se pratique là-bas mais plutôt de l’échangisme et du libertinage », nuance Jean-Yves, pour qui les notions de respect de l’autre et de pudeur, sans sexualité ni voyeurisme, marquent toute la différence.
Économies de lessive
Cette année, Jean-Yves et Denise sont venus avec leurs trois petits-enfants. Durant une semaine, Nathan
(2), 14 ans, va jouer avec ses frères au tennis, au baby-foot ou profiter de l’aire de jeux… nu comme un ver. « Ça ne me choque pas du tout de voir tous ces gens déshabillés. Ici,
c’est plutôt l’inverse qui serait gênant. Et en plus, ça fait économiser de la lessive ! », livre avec malice l’adolescent, qui avoue toutefois ne pas raconter à ses copains le genre de vacances
qu’il passe.
À 21 heures, deux couples de Hollandais se rejoignent sur la terrasse de restauration, où un bon barbecue les attend. Ils fréquentent le Club du soleil depuis 22 ans, ce qui fait d’eux les clients les plus fidèles du camping. « On a essayé une fois en 1990, et depuis, on revient tous les ans. C’est un vrai petit paradis », rapporte Rob dans un français balbutiant. « Chez nous à Amsterdam, les clubs sont commerciaux et trop fréquentés. On est serrés comme des sardines et obligés de faire des activités avec tout le monde. En France, les naturistes sont beaucoup plus ouverts aux autres, les rencontres sont plus faciles que chez les textiles. Et ici, on peut déguster les vins de la région ! », apprécie le Néerlandais, la consommation d’alcool et de tabac étant interdite dans les clubs naturistes de son pays.
À 23 heures, le camping s’endort peu à peu. « Les gens ne viennent pas à Laizé pour faire la fête ou danser, ils aspirent avant tout à la tranquillité », rappelle Roger, éteignant les dernières lumières.
« Pas de piscine en maillot de bain »
Le lendemain matin, merles et mésanges réveillent le site en douceur tandis que les touristes les plus matinaux gagnent la piscine pour s’y prélasser… évidemment sans maillot de bain.
« Vous faites comme vous voulez, mais il serait préférable que vous n’alliez pas à la piscine si vous restez habillé », me glisse Roger, en accueillant les nouveaux arrivants. Autrement dit, si je veux me baigner, il va falloir tomber la chemise et le bas !
Un problème clé
Je retourne dans mon chalet pour ôter jean et caleçon. Me trouvant ridicule en tee-shirt et chaussettes, je me résous à enlever la totale et, peu confiant, pose un pied dehors puis ferme la porte à clé. Premier hic : que faire de cette clé ? N’ayant aucune poche visiblement disponible, me voilà contraint de la laisser par terre… devant la porte !
Passés les premiers moments de gêne, l’absence totale de regard des autres et surtout le sentiment d’être désormais comme tout le monde me procurent rapidement un sentiment d’aisance, que je n’aurais pas imaginé. « On va finir par vous délivrer une carte de membre ! », me lance Roger, proposition que je décline poliment.
« Comme beaucoup d’associations naturistes, notre club a un peu de mal à se renouveler », avoue le responsable, la majorité des adhérents dépassant la cinquantaine d’années. « Il faudrait que les plus jeunes s’impliquent davantage, mais les reportages télé un peu choc sur le naturisme ne nous font pas vraiment une bonne publicité. »
Il est midi, l’heure pour moi de plier bagage, de dire au revoir à tous les campeurs rencontrés et surtout… de me rhabiller. Avec le plaisir simple de disposer enfin d’une poche où ranger mes clés de voiture…
(1) Les personnes non naturistes sont appelées les “textiles”.
(2) Le prénom a été modifié.

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires



Évelyne, propriétaire et gérante du Clos Barrat depuis juillet 2010, renchérit : « On a souvent tendance à faire l'amalgame avec les nudistes,
voire même avec les échangistes ou les libertins. Rien à voir ! Le naturisme est une manière de vivre, au plus près de la nature, en harmonie avec elle, en essayant de la préserver le plus
possible. Et puis être nu, ça gomme les différences sociales. Le chef d'entreprise va discuter facilement avec l'ouvrier, car rien ne permet de distinguer l'un de l'autre. » Comme dirait mon
grand-père : « Un homme est un homme. » Et contrairement à ce que peuvent imaginer les « textiles » (comprendre ceux qui vivent habillés), la nudité n'empêche pas la pudeur. Évelyne, par exemple,
devant le journaliste habillé, a gardé une petite robe : « Les naturistes seront mal à l'aise en présence d'une personne habillée, comme celle-ci pourra l'être en présence de personnes nues. »
CQFD.