Je vous propose aujourd'hui de découvrir un reportage réalisé par notre ami Jean Paul Brohée qui vient de passer quelques jours à
la combe de Ferrière en Lozère :
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J’aimerais faire partager les bons souvenirs que je garderai d’une semaine de bénévolat à
« La Combe de Ferrière » en Lozère, dans les Cévennes.
Ce petit centre naturiste créé voici tout juste vingt ans par un couple de naturistes
hollandais propose un petit camping de 35 emplacements ainsi que plusieurs gîtes situés pour partie dans le camping ainsi que dans les dépendances du mas où se trouvent également la réception, le
bar, le (tout) petit magasin, la grande salle à manger, la bibliothèque, la cuisine, la grande terrasse et le sauna.

Nous y avions passé une agréable semaine, mon épouse et moi-même voici quatre ans et je me
souvenais que Jur et Lisa (les propriétaires) m’avaient dit que chaque année en mai, avant l’ouverture du centre, ils offraient, durant une dizaine de jours, le gîte et le couvert à quelques
bénévoles bricoleurs en échange de quelques services de remise en ordre du camping, des sanitaires, du nettoyage de la piscine etc. Comme depuis cette année, enfin, mes activités professionnelles
me laissent un peu plus de temps de loisirs, je me suis proposé pour une semaine…
Lisa m’a rapidement répondu positivement tout en précisant que sept ou huit personnes seraient présentes mais que c’étaient tous des Hollandais,
ce qui risquait de créer quelques soucis de communication ! En tant que Belge wallon, j’ai bien passé quelques années à recevoir des cours de la « langue de Vondel » mais, comme le
disait notre avant- dernier premier ministre : « il doit manquer un gêne chez ces francophones pour qu’ils aient tant de mal à pratiquer le néerlandais ! »
Je peux vous assurer que je suis tombé sur un groupe de personnes, trois dames et quatre hommes,
extrêmement sympathiques, chacun y a mis du sien pour se faire comprendre, moi dans mon flamand (néerlandais de Belgique) approximatif, eux avec du français, du néerlandais ou de l’anglais et in
fine, Jur ou Lisa pour les traductions…
Mais tout aussi important à mes yeux, outre la grande camaraderie qui s’est immédiatement
instaurée, c’est cette impression de vivre l’esprit naturiste tel qu’il est décrit dans les articles des origines… (Lisez ou relisez les « Vie au Soleil » des années 70…)
Comment se passaient les journées ?
Nous nous retrouvions le matin vers 8 h30 dans la magnifique salle voûtée qui sert de salle à
manger. (Le mas est constitué d’une tour en pierre de schiste datant du douzième siècle à laquelle est accolé un grand bâtiment, en pierre également, je crois d’époque renaissance. A l’arrière,
transformé en gîtes, une ancienne magnanerie datant, elle, de la fin du dix-huitième ou du début du dix-neuvième siècle.) Chacun arrivait, venant les uns de leur mobil home, les autres d’un des
gîtes. On passe par la cuisine où l’on se sert le petit-déjeuner que l’on prend en discutant des projets pour la journée. Jur et Lisa coordonnent les opérations, chacun en fonction de ses
compétences et des ses préférences. Ce matin il fait beau, qui veut nettoyer la piscine ? Celui qui s’y connaît en électricité poursuit l’installation de l’éclairage dans les nouveaux
sanitaires, un autre installe les douches. Il faut aussi plafonner les murs des toilettes et douches pour handicapés puis y installer les accessoires et la porte, nettoyer et ranger la grande
salle commune…
Vers 9 heures on se rend sur « le chantier », le travail commence, la bonne humeur est
générale, le soleil monte dans le ciel faisant grimper la température et nous amenant à quitter progressivement T-shirts, shorts pantalons ou autres vêtements. Très vite, c’est nus que nous
poursuivons, qui son travail de maçon, qui de menuisier qui de jardinier…
La piscine est encombrée de feuilles mortes, ses parois bleu-ciel sont ternies par ce fond d’eau
stagnante. Nous sommes quatre à expédier toute cette mélasse brunâtre et à frotter énergiquement les parois… Vers 11 heures, c’est le moment de la pause café (ou thé). Chacun remonte vers le mas
où nous attend le revigorant breuvage.
Le travail reprend jusqu’à la pause de midi où nous prenons les repas sur la grande terrasse
puis l’après-midi et jusque vers 17 heures…
Les Hollandais mangent tôt et prennent leur repas principal le soir. A midi : tartines,
confitures et fromages. Le soir, apéro vers 18 heures, repas au plus tard vers 18 heures 30 ! Après une bonne douche bien méritée, chacun se rejoint, habillé ou non selon la météo. En cette
saison, l’on profite des derniers rayons du soleil à l’extrémité de la terrasse. Nous y bénéficions d’une vue magnifique sur cette belle vallée sauvage, couverte de châtaigniers. Les grands
schistes plats du muret qui entoure la terrasse sont chauds, il est bon d’y reposer nos jambes fatiguées par une journée d’activités physiques en savourant le petit vin du pays.
En ce mois de mai, dès que le soleil se couche, la température diminue rapidement. Nous nous
rhabillons pour nous réunir autour le la grande table d’hôte pour partager les délicieux repas que prépare Lisa, notre hôtesse.
Les soirées ne se terminent pas tard, nous nous retirons dans nos chambres dans la calme absolu
de cette vallée perdue où rien ne semble avoir fondamentalement changé depuis mille ans.

J’écoute la radio. Les moindres faits et gestes du nouveau président font l’objet de
commentaires passionnés…
Comme d’ici tout cela semble dérisoire. Nous passons des moments de « début un
nouveau monde ». Nous sommes une toute petite poignée d’humains, isolés, vivant une fraternité et partageant un idéal commun. Celui qui ramène à la définition du naturisme : une
vie en harmonie avec la nature ou jeunes et moins jeunes pratiquent la nudité en commun dans une visée égalitariste mais sans en faire une obsession, sans a priori, sans jugement… En un mot, le
naturisme dans la noblesse du terme.
Une semaine passe très vite. Une semaine sans ordinateur (pour moi en tous cas car certains
« accros » dans le groupe ne savaient pas s’en passer). Uns semaine sans toucher à l’auto, sans papiers, sans argent, sans clefs… On a quand même du réseau pour les portables…C’est
presque regrettable !
Juste du travail physique, un grand, un grand bol d’air et de nature, de la nourriture saine et
simple, de la lecture, du repos aussi, du corps et de l’âme.
Merci à Jur et à Lisa de m’avoir permis de créer ces souvenirs et tous mes souhaits pour une
bonne saison 2012.